Les élus réunionnais ont voté majoritairement "pour"

La France devient le premier pays au monde à inscrire l'IVG dans sa Constitution

  • Publié le 5 mars 2024 à 10:34
  • Actualisé le 5 mars 2024 à 11:08

Un vote pour l'Histoire: la France est devenue lundi le premier pays au monde à inscrire explicitement dans sa Constitution l'interruption volontaire de grossesse (IVG), après une approbation très large du Parlement réuni en Congrès au Château de Versailles, saluée par une longue ovation. Parmi nos députés et sénateurs réunionnais, tous ont voté pour, à l'exception de Nathalie Bassire (Liot).

Sous un tonnerre d'applaudissements, la résidence des rois de France et son gigantesque hémicycle ont vibré au moment où députés et sénateurs ont parachevé l'examen de cette révision constitutionnelle historique, fruit d'une bataille politique et féministe engagée de longue date.

Le consensus a été massif, avec un vote favorable de 780 parlementaires, contre seulement 72 voix opposées, issues essentiellement de la droite et de l'extrême droite. Un score de près de 92% des suffrages exprimés, bien plus que la majorité des trois cinquièmes requise pour modifier le texte suprême.

"La loi détermine les conditions dans lesquelles s'exerce la liberté garantie à la femme d'avoir recours à une interruption volontaire de grossesse". Introduite à l'article 34 de la Constitution, cette phrase fait de la France une pionnière dans le monde avec une référence aussi claire à l'IVG dans son texte fondamental, à rebours de plusieurs pays où le droit à l'avortement recule, aux Etats-Unis comme en Europe de l'Est.

"Fierté française, message universel", a écrit sur X Emmanuel Macron, invitant les Français à une symbolique cérémonie de scellement de la Constitution "ouverte au public" le 8 mars, journée internationale des droits des femmes.

Le Premier ministre Gabriel Attal a salué "une étape qui restera dans l'Histoire" et "une deuxième victoire pour Simone Veil". "La France est fidèle à son héritage (...) patrie des droits de l'homme et aussi et surtout les droits de la femme".

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- "Moment magique" -

L'annonce des résultats du vote par la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, première femme à présider le Congrès, a causé une explosion de joie sur les fauteuils rouge vif de l'hémicycle et sur la place du Trocadéro à Paris, où plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées pour visionner les débats sur écran géant, fumigènes et drapeaux à la main.

Pendant que plusieurs parlementaires entonnaient l'hymne des femmes dans l'hémicycle, la Tour Eiffel s'est mise à scintiller, affichant des messages féministes en plusieurs langues.

Mme Braun-Pivet a fait part de sa "fierté pour toutes les femmes qui se sont battues" pour le droit à l'avortement.

Signe de la dimension planétaire de ce vote, le Vatican a vivement critiqué l'inscription de l'IVG dans la loi fondamentale française, arguant qu'il "ne peut y avoir de +droit+ à supprimer une vie humaine".

L'émotion a été au rendez-vous au château de Versailles, plusieurs parlementaires confiant leur exaltation devant ce moment rare dans une vie d'élu, au cinquantenaire du vote de la loi Veil ayant légalisé l'avortement en France en 1974.

Si la gauche a réservé ses prises de parole uniquement à des oratrices au Congrès, les groupes Renaissance et Les Républicains ont eux choisi quatre hommes pour résumer les positions de leurs groupes.

"Ce combat-là rentre dans la grande histoire, c'est très rare", a salué la cheffe de file des députés insoumis Mathilde Panot, à l'initiative de cette révision à l'Assemblée. Elle a reconnu vivre un "moment un peu magique", arborant une tenue verte, couleur de ralliement des militantes pro-avortement en Amérique latine. "Plus jamais les faiseuses d’anges, les cintres, les aiguilles, les mortes", a renchéri la sénatrice écologiste Mélanie Vogel.

"Nous continuerons pour celles qui résistent à Trump, Bolsonaro, Orbán, Milei, Poutine, Giorgia Meloni", avait lancé à la tribune la sénatrice socialiste Laurence Rossignol, recevant à plusieurs reprises une standing ovation du Congrès, sous les yeux d'une trentaine de journalistes étrangers sur quelque 150 accrédités.

Lire aussi - IVG dans la Constitution : une avancée historique qui reste à compléter

- Un vote à la majorité pour les élus Réunionnais -

Parmi nos députés et sénateurs Réunionnais, tous ont voté pour, à l'exception de Nathalie Bassire (Liot).

Pour Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon, "49 ans après le vote de la loi de Simone Veil autorisant l’IVG en France, les Parlementaires réunis en Congrès au château de Versailles aujourd’hui, ont voté à une très large majorité, 780 voix pour sur 852 votants, pour l’inscription de l’IVG dans la Constitution Française, le texte suprême de notre République".

"Alors que dans certains pays ce droit pour les femmes a été remis en cause ou est fortement menacé, la France vient de lancer un message fort au monde entier : les femmes ont le droit de disposer de leur corps comme elles l'entendent. Nous pouvons être fiers de cet acte qui fait de notre pays le premier au monde à inscrire ce droit dans sa Constitution", poursuivent les deux députés.

"C’est un immense honneur et une grande fierté d’avoir voté aujourd’hui, lors de la réunion du Congrès à Versailles, pour l’inscription de la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans notre Constitution" lance la sénatrice Audrey Bélim.

"La France envoie aujourd’hui un formidable message aux femmes du monde entier : oui, le droit de disposer de votre corps est un droit qui nous semble essentiel ! Si essentiel que nous l’inscrivons dans notre Constitution."

ribune libre de Stéphane Fouassin
Constitutionnalisation de l’IVG : Le sénateur se dit "heureux de l’aboutissement de ce vote"

    Publié le 4 mars 2024 à 22:17
    Actualisé le 4 mars 2024 à 22:21

L'élu Stéphane Fouassin a déclaré. "Nous venons d'inscrire un événement majeur de l'histoire, la France devient un phare dans la nuit de l'obscurantisme. Et nous devons être l'exemple mondial pour entraîner dans notre sillage d'autres nations."

Le PS salue à son tour l'entrée dans la Constitution de l'IVG. "Ce 4 mars 2024 restera gravé dans l'histoire des droits des femmes en France, marqué par un vote historique qui inscrit définitivement l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution."

Pour Monique Oprhé, "la sacralisation de l'IVG dans la Constitution marque un tournant décisif dans la lutte pour l'égalité entre les sexes. C'est une avancée historique, un pas significatif vers l'émancipation des femmes et la reconnaissance de leur droit fondamental de disposer de leur corps".

"Bien que cette victoire soit significative, il reste encore beaucoup de travail à accomplir. Cependant, le vote d'aujourd'hui est un signe prometteur pour l'avenir et une source d'inspiration pour les générations futures", dit-elle.

Pour le PLR, ce vote est "une victoire pour les femmes au Congrès". "L’inscription dans notre Constitution de la liberté garantie
pour les femmes d’avoir recours à l’IVG conclura des années de lutte et de souffrance et, si le combat pour l’égalité est loin d’être terminé, sacrera cette liberté individuelle comme inattaquable."

"Cet événement mémorable s’inscrit désormais dans l’histoire des Droits des Femmes que nous célébrerons dans quelques jours. Cette étape cruciale que nous avons franchie aujourd'hui ne relève pas du hasard, c'est le fruit de longues années de luttes menées par les militant(e)s de la Liberté, aussi bien à l’échelle nationale et internationale qu’au niveau local" a réagi Cyrille Melchior, président du Département.

"En ce mois des droits des femmes, c’est un nouveau pas dans leur émancipation. Un pas que je suis honorée de mettre en avant car nous entrons dans une nouvelle étape de la liberté féminine" a félicité Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis. "Le combat est cependant loin d’être terminé. Il faut continuer à défendre et protéger les droits fondamentaux de chacun, afin que notre territoire reflète l’égalité réelle entre les femmes et les hommes."

Retrouvez ici le détail des votes

- Consensus -

Emmanuel Macron avait fait de cette réforme l'une des promesses phares du volet sociétal de sa politique ces derniers mois, embrassant les différentes initiatives parlementaires de la gauche, soutenue par la majorité.

La formulation de "liberté garantie" à l'IVG est l'aboutissement de longs débats au Parlement et particulièrement au Sénat, où une partie de la droite étaient réticente, dont le président Gérard Larcher qui s'est finalement abstenu lundi.

Le chef des députés LR Olivier Marleix a pointé le "risque" de créer "un droit absolu". Mais "ce vote, nous le devons à la liberté des femmes", a-t-il concédé, reconnaissant les "menaces" planant sur l'avortement dans le monde.

Plus offensive, Marine Le Pen a raillé "un jour à la gloire d'Emmanuel Macron".

Dans une journée globalement consensuelle, plusieurs responsables insoumis et écologistes ont néanmoins accusé M. Attal "d'invisibiliser" les initiatives de plusieurs femmes de gauche.

Les opposants à l'IVG ont de leur côté manifesté à Versailles dans l'après-midi, ralliant plus de 500 personnes qui ont appelé à "protéger la vie".

A l'opposé, la présidente nationale du Planning familial, Sarah Durocher, a salué un "jour historique" mais alerté sur la nécessité d'ouvrir le chantier des moyens pour "l'accès à l'avortement".

www.imazpress avec AFP/redac@ipreunion.com

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5 Commentaires
Claire P
Claire P
4 mois

...et après ? Rien de nouveau c est un droit acquis...band politiciens y voient pas que n a des problèmes plus urgent qu un droit déjà existant....macron avait promis plus de SDF ! La relance économique du pays... quand y gagne pas resoudre les problèmes reels faut essaye redore zot blason sur un combat gagné d avant le macron.

HULK
HULK
4 mois

Super; Pour une fois qu'on est 1er quelque part. Il faudrait aussi être 1er dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Et dans bien d'autres domaines, mais là on peut rêver.

Domie
Domie
4 mois

Quelle horreur ..on n'a pas fini de régresser !!

jaco
jaco
4 mois

14 semaines

marius
marius
4 mois

quel est le délai maximum pour faire l'IVG / personne n'en parle...........