Manque de profs et de moyens : les lycéens de La Réunion en colère, un conseil académique de la vie lycéenne exceptionnel organisé

  • Publié le 2 octobre 2026 à 07:33
Lycée Roland-Garros

Parti d’Île-de-France, le mouvement de mobilisation et de blocage des lycées s'est étendu à La Réunion depuis ce jeudi 1er octobre 2026. À la base de cette colère, le manque de professeurs, des établissements jugés insalubres, et la dégradation des conditions d’apprentissage. Une "colère légitime" pour les syndicats de La Réunion. Dans l'île, un Conseil académique de la vie lycéenne va être organisé. (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

  • Les lycéens de La Réunion déplore le manque cruel de moyens

    Les lycéens se mobilisent notamment pour réclamer le remplacement des professeurs absents, une augmentation des moyens, une rénovation des établissements et des conditions d’apprentissage "décentes".

    À la rentrée 2026, 86 postes ont été supprimés dans l'Académie de La Réunion dont 64 postes temps plein supprimés pour le second degré.

    De plus, à l'approche des fortes chaleurs, agents, professeurs et élèves s'estiment à peine écoutés. Ce à quoi le rectorat avait répondu : qu'il "n’y a rien d’inédit dans le fait que sur un territoire tropical, la période de l’été austral connaisse des températures élevées".

    Le Rectorat estimait que professeurs et élèves "sont entendus" par le ministère de l'Éducation car "chaque année, des mesures de prévention des risques liés au soleil et à la chaleur pendant les activités scolaires sont diffusées équipes pédagogiques des écoles et établissements scolaires (hydratation régulière, activités réduites en extérieur, ventilation naturelle)".

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  • Bonjour à tous,

    Merci de nous retrouver en ce vendredi 2 octobre 2026 pour la partie 2 de la mobilisation lycéenne à La Réunion.

    Hier, jeudi 1er octobre, ils étaient plus de 400 à s'être mobilisés devant le lycée Roland-Garros du Tampon pour dénoncer le manque de moyens et l'état de leur établissement.

À propos

"On veut savoir bien écrire", "Où veux-tu aller, je ne sais même pas où j'en suis", "Parcoursup, système corrompu", "La nuit c'est fait pour bosser, pas pour réviser"… Les établissements changent, mais les slogans sont similaires.

Luc Briand, professeur dans un lycée de Saint-Denis, partage cette colère. "L'accumulation de richesses et de pouvoir de nos élites a rendu aveugles les représentants de l'État au sort de notre jeunesse.  Nos enfants veulent se lever le matin pour des activités qui ont du sens dans notre temps : construire ensemble, apprendre pour savoir être et faire de belles choses, pas la guerre ni la compétition pour le salaire et l’emploi."

- Un Conseil académique de la vie lycéenne exceptionnel organisé par le rectorat -

Face à la grogne qui gagne La Réunion, un Conseil académique de vie lycéenne exceptionnelle va être organisé ce vendredi 2 octobre avec des modalités différentes d'habituellement, pour favoriser la participation de tous les lycéens. "Cette réunion de travail sera exclusivement consacrée aux préoccupations et aux revendications exprimées par les lycéens. Elle permettra de mieux identifier les difficultés rencontrées et d’examiner les améliorations pouvant être mises en œuvre", précise le rectorat.

Pour rappel, le conseil de la vie lycéenne est l'instance officielle de dialogue et d'échange entre les élèves et l'équipe éducative au sein d'un lycée. Constitué de lycéens élus, il est consulté sur différentes problématiques relatives à la vie dans l'établissement.

Afin de faciliter la participation des élus lycéens et de tenir compte de leurs emplois du temps, ce conseil se déroulera en visioconférence, avec deux temps d’échange proposés à 11h et à 13h30. Des lycéens élus au sein des CVL pourront également y prendre part.

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- 86 postes d'enseignants supprimés à La Réunion -

Ainsi, la question du manque de moyens de l'Éducation nationale se trouve au centre des débats.

Les syndicats comme l'Union syndicale lycéenne (USL) pointent du doigt un manque drastique de professeurs et de surveillants (AED), estimant que dans un établissement sur deux, il manque 50 % des effectifs d'assistants d'éducation.

Ce à quoi le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, n'a pas trouvé mieux que de déclarer "un tir de mortier ne recrute pas un professeur". Il n'est pas sans savoir que c'est à lui que revient la charge de recruter des enseignants et non pas de supprimer des postes.

Pour rappel, Monsieur le ministre, à La Réunion, 86 postes ont été supprimés dans l'Académie à la rentrée d'août. Dans le second degré, les suppressions de postes se sont traduites déjà par des classes surchargées, avec parfois plus de 30 élèves par classe en collège.

En janvier, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, avait évoqué une "chute démographique vertigineuse" pour justifier ces suppressions. Selon la Direction des études statistiques du ministère de l'Éducation nationale, les effectifs des élèves ont diminué de 1,7% à la rentrée 2025, avec 106.900 élèves de moins qu'en 2024.

D'ici 2035, écoles, collèges et lycées publics ou privés sous contrat auront perdu près de 25.000 élèves.

- Des bâtis inadaptés aux conditions climatiques locales -

Plusieurs blocus dénoncent également des bâtiments scolaires insalubres ou inadaptés, combinés à des vagues de chaleur étouffantes dans les classes. Un sujet qui ne date pas d'hier à La Réunion et qui avait d'ailleurs déjà fait l'objet de mobilisations devant des collèges.

Beaucoup d'établissements restent insuffisamment adaptés au climat réunionnais : manque d'isolation thermique, absence de brasseurs d'air dans certaines salles, cours bétonnées créant des îlots de chaleur, végétalisation insuffisante, équipements vieillissants, préfabriqués et parfois absence d'espaces de repli lors des épisodes de fortes chaleurs.

Agents, professeurs et élèves s'estiment à peine écoutés. 

Luc Briand est professeur d'anglais au lycée Leconte de Lisle à Saint-Denis. "Il fait 32 degrés dans les salles. C'est épuisant, les élèves sont amorphes, apathiques, on est rincés", confie-t-il. 

Contacté, le Rectorat de La Réunion avait souhaité rappeler à Imaz Press qu"il n’y a rien d’inédit dans le fait que sur un territoire tropical, la période de l’été austral connaisse des températures élevées".

Le Rectorat estimait aussi que professeurs et élèves "sont entendus" par le ministère de l'Éducation car "chaque année, des mesures de prévention des risques liés au soleil et à la chaleur pendant les activités scolaires sont diffusées aux équipes pédagogiques des écoles et établissements scolaires (hydratation régulière, activités réduites en extérieur, ventilation naturelle)".

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- Une "colère légitime" pour les syndicats de La Réunion -

À La Réunion, les syndicats se disent solidaires du mouvement.

"Comment ne pas les soutenir, nous qui ne cessons de demander des moyens, nous qui implorons l’État d’arrêter de matraquer les jeunes avec des réformes qui les divisent : Parcoursup, lycée avec les options qui démantèlent le groupe classe et les éclatent en groupes, brisant la structure sociale. Et toutes ces heures de cours non remplacées, tous ces nouveaux programmes qui s’enchaînent et creusent encore plus les écarts entre ceux qui peuvent prendre des cours particuliers pour suivre le nouveau programme de maths, et ceux qui vont échouer faute de moyens. Leur colère est légitime, nous ne pouvons que les soutenir…", souligne Gladys Robert du Saiper Udas.

"Cette mobilisation doit être entendue. Elle exprime des préoccupations qui rejoignent celles que nous portons depuis longtemps sur les conditions d’éducation et les moyens accordés au service public", abonde Jocelyne Latchimy, co-Secrétaire départementale de la FSU 974. 

"Pour la FSU, les jeunes doivent pouvoir apprendre dans de bonnes conditions et bénéficier d’un véritable service public d’éducation, avec les personnels nécessaires pour les accompagner."

"De meilleures conditions de travail, des locaux adaptés entre autres. Ce sont bien des sujets sur lesquels nous tirons la sonnette d'alarme régulièrement", rappelle Éric Dijoux de l'Unsa.

"Nous avons cependant une ligne rouge à ne pas franchir, celle de la violence. Les lycéens doivent être écoutés, ce sont les usagers. Cette écoute doit se faire dans le respect de chacun", précise-t-il.

Une solidarité partagée dans le 1er degré. "Oui nous sommes solidaires d’autant que dans le premier degré, le bâti scolaire, le manque de remplaçants, les classes surchargées sont des points régulièrement abordés dans nos revendications", souligne Béchir Ben Hamouda, co-secrétaire départemental du syndicat la FSU-SNUipp.

Le SNES soutient également les revendications légitimes de la jeunesse. "Il faut les entendre et leur permettre de s'exprimer", déclare Pierre Fourny. Il ajoute cependant : "a violence policière ne peut être une réponse. Aucune violence n'est acceptable qu'elle soit institutionnelle ou autre"

- Les Universités se joignent à la grève -

Dans l’enseignement supérieur, les organisations contestent également ce qu’elles présentent comme une sélection sociale, notamment à travers Parcoursup et MonMaster.

Elles dénoncent par ailleurs certaines mesures concernant les étudiants étrangers et les restrictions budgétaires dans les universités.

Dans l'Hexagone, plusieurs Universités ont été bloquées ce jeudi 1er octobre. À La Réunion pour l'heure, aucun appel au blocage des campus universitaires n'a été lancé.

L'appel lancé par l'Union syndicale lycéenne prévoit la poursuite de la mobilisation et une manifestation nationale de la jeunesse mardi 6 octobre 2026.

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ma.m/www.imzpress.com/[email protected]

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1 Commentaires
Saint André  40 ans dans le fénoir sous les Vira
Saint André 40 ans dans le fénoir sous les Vira
2 heures

On reste calme et on ne détruit pas comme en métropole