Volcan : la nouvelle coulée de lave coupe la RN2 et se dirige vers la mer

  • Publié le 30 mars 2026 à 05:06
  • Actualisé le 30 mars 2026 à 06:31
Volcan mars 2026

Ce lundi 30 mars 2026, la reprise de l'éruption au Piton de la Fournaise se poursuit. Dimanche, la coulée issue de la reprise de l’éruption a atteint la RN2, empruntant le même tracé que la coulée du 13 mars. Une rapidité qui en a impressionné plus d'un. "La raison, la lave emprunte les même tunnels, ce qui explique cette vitesse", précise Aline Peltier, directrice de l'Observatoire volcanologique. Il peut s’agir "soit de laves nouvelles ou de laves résiduelles qui étaient toujours dans ces tunnels et qui se font pousser par les nouvelles laves qui arrivent derrière", explique-t-elle (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Nicolas Villeneuve, maître de conférences à l'Université et membre de l'Observatoire nous explique que "la lave est arrivée vite parce qu'une partie était déjà là et que ce qui arrive depuis la reprise de l'éruption samedi emprunte un chemin déjà tracé dans un milieu où il n’y a que très peu de perte de chaleur".

"Ce qui est certain c'est que ce dimanche matin, le pilote d'hélicoptère n'a pas vu d'écoulement au-dessus des cassés des Grandes Pentes. Les coulées ont en fait repris les tunnels partiellement vides et ont poussé le résiduel", dit-il. 

- Un réseau de tunnels de lave mis en place -

Le maître de conférences indique : "depuis plusieurs semaines, tout un réseau de tunnels s'est mis en place". "Ce système est connecté depuis le point de sortie de la lave (le cône ou la fissure)". 

Quand l'éruption s'est arrêtée mercredi, "il était fort probable que de la lave qui était dans les tunnels ait continué à s’écouler car elle était encore suffisamment chaude, ou alors très protégée du refroidissement car bien au chaud dans les tunnels qui ont des propriétés isolantes, ou bien encore elles étaient en mouvement simplement par gravité dans la pente", poursuit Nicolas Villeneuve. 

Selon lui, à la reprise hier "nous n'avons pas vu de suite les écoulements mais avec la nuit à 18h45 nous avons vu du rouge dans le cône. Par la suite on l'a bien confirmé mais il est fort probable que le lac s'était déjà reconstitué".

Il ajoute : à "23h45 nous avons vu le premier point lumineux (une résurgence) à 1.000 mètres du cône environ. Il y en a peut-être eu avant, plus proche du cône, mais il y a sur ce point des incertitudes". 

Le maître de conférence ajoute : "après, si un tunnel s'est partiellement effondré, ou si tu te retrouves avec moins de pente, alors la lave qui vient en amont s'accumule, générant une surpression qui peut conduire à une ouverture dans la croûte de la lave". 

- L'éruption a repris au Piton de la Fournaise -

Ce dimanche, l'éruption a repris de plus belle au Piton de la Fournaise avec "l'arrivée du magma en surface au niveau du dernier cône éruptif de l'éruption débutée le 13 février", a indiqué l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF).

Regardez les premières images aériennes de cette reprise d'éruption. 

(Vidéo : Jérémy)

Avec la reprise de l’activité et la réalimentation des tunnels de lave,"une réalimentation de la plate-forme est possible, ainsi qu’une intensification du panache de gaz au point d’entrée à l’océan", indique l'OVPF.

- Une reprise d'éruption après trois jours d'arrêt -

Cette reprise de l'éruption survient alors que ce mercredi 25 mars 2026, l'éruption débutée le 13 février au Piton de la Fournaise prenait fin après 41 jours de spectacle.

Le 13 mars, un mois jour pour jour après le début de l'éruption, et pour la première fois depuis 2007 la lave a traversé la RN2. À 12h35 un troisième bras de coulée a atteint la route. "Ce sont désormais trois bras de coulées qui ont traversé la route nationale deux sur une largeur de 260 m environ", précise l'OVPF. Regardez.

 
Mais le spectacle ne s'arrêtait pas là. La lave a fini par plonger dans l'océan dans la nuit du dimanche 15 mars au lundi 16 mars 2026, vers 00h20. La rencontre du feu liquide et de l'eau a eu lieu alors que le front de coulée est resté figé à 150 mètres de l'océan pendant plusieurs heures. Regardez.
 

Le 25 mars, le trémor volcanique, indicateur de l’activité en surface, a chuté à deux reprises avant de revenir à un niveau proche du bruit de fond, puis de disparaître progressivement en fin d’après-midi, marquant l’arrêt de l’éruption.

Après cette reprise, les travaux de la RN2 qui devaient débuter prochainement risquent fort de devoir attendre.

- La préfecture rappelle les dangers de l'éruption -

La préfecture a publié plusieurs mises en garde et appels à la vigilance contre les risques de brûlures et de problèmes respiratoires en raison des gaz toxiques émis par la rencontre de l'eau et de la lave.

De plus sous la plateforme encore fragile peuvent se cacher des tunnels de lave, pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres. En cas d’effondrement, les conséquences peuvent être particulièrement graves : brûlures, chutes ou encore risques d’asphyxie. Les autorités rappellent ainsi que les zones récemment touchées par l’éruption ne doivent pas être considérées comme des espaces de promenade. "Ce n’est pas un terrain de jeu, ni une randonnée classique", insiste la préfecture.

Les autorités sanitaires mettent également en garde la population contre les émissions de dioxyde de soufre et les projections de cheveux de Pelé. 

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