Ce lundi 30 mars 2026, la reprise de l'éruption au Piton de la Fournaise se poursuit. Dimanche, la coulée issue de la reprise de l’éruption a atteint la RN2, empruntant le même tracé que la coulée du 13 mars. Une rapidité qui en a impressionné plus d'un. "La lave emprunte les même tunnels, ce qui explique cette vitesse", précise Aline Peltier, directrice de l'Observatoire volcanologique. Ce matin, des résurgences au niveau de la plateforme ont été observées. (Photo Nicolas Villeneuve/www.imazpress.com)
"Avec la réalimentation de la plateforme par des tunnels de lave, une intensification du panache de gaz au point d’entrée à l’océan est à prévoir", prévient l'OVPF.
- La nouvelle coulée de lave a coupé la RN2 -
L’activité en tunnels de lave se poursuit en aval du cône avec de nombreuses résurgences visibles au niveau du champ de lave mis en place entre le 13 février et le 25 mars 2026. Ce dimanche après-midi, une résurgence s’est produite juste en amont de la RN2, déjà coupée par la lave le 13 mars, alimentant une coulée de quelques centaines de mètres et se superposant aux coulées déjà mises en place précédemment dans ce secteur.

Il peut s’agir "soit de laves nouvelles ou de laves résiduelles qui étaient toujours dans ces tunnels et qui se font pousser par les nouvelles laves qui arrivent derrière", explique Aline Peltier, directrice de l'Observatoire.
Nicolas Villeneuve, maître de conférences à l'Université et membre de l'Observatoire nous explique :"Ce qui est certain c'est que ce dimanche matin, le pilote d'hélicoptère n'a pas vu d'écoulement au-dessus des cassés des Grandes Pentes. Les coulées ont en fait repris les tunnels partiellement vides et ont poussé le résiduel", dit-il.
Le maître de conférences indique : "depuis plusieurs semaines, tout un réseau de tunnels s'est mis en place". "Ce système est connecté depuis le point de sortie de la lave (le cône ou la fissure)".
Quand l'éruption s'est arrêtée mercredi, "il était fort probable que de la lave qui était dans les tunnels ait continué à s’écouler car elle était encore suffisamment chaude, ou alors très protégée du refroidissement car bien au chaud dans les tunnels qui ont des propriétés isolantes, ou bien encore elles étaient en mouvement simplement par gravité dans la pente", poursuit Nicolas Villeneuve.
Selon lui, à la reprise hier "nous n'avons pas vu de suite les écoulements mais avec la nuit à 18h45 nous avons vu du rouge dans le cône. Par la suite on l'a bien confirmé mais il est fort probable que le lac s'était déjà reconstitué".
Il ajoute : à "23h45 nous avons vu le premier point lumineux (une résurgence) à 1.000 mètres du cône environ. Il y en a peut-être eu avant, plus proche du cône, mais il y a sur ce point des incertitudes".
Le maître de conférence ajoute : "après, si un tunnel s'est partiellement effondré, ou si tu te retrouves avec moins de pente, alors la lave qui vient en amont s'accumule, générant une surpression qui peut conduire à une ouverture dans la croûte de la lave".
- Un seul site éruptif actif au Piton de la Fournaise -
L’éruption débutée le 13 février 2026 a repris le 28 mars aux alentours de 15h heure locale. Un seul site éruptif est actif sur le flanc sud-sud-est, au niveau du cône formé entre le 13 février et le 25 mars.
Regardez les premières images aériennes de cette reprise d'éruption.
(Vidéo : Jérémy)
Au niveau du cône éruptif, le niveau de lave au niveau du cône est élevé avec des remous actifs et débordements de lave récurrents associés à la remontée de bulles de gaz.
Sur les dernières 24h, la sismicité est restée faible, avec deux séismes volcano-tectoniques superficielles (au-dessus du niveau de la mer) et 3 séismes volcano-tectoniques profonds (en-dessous du niveau de la mer). Ces séismes étaient localisés au niveau de la zone sommitale du volcan.
Depuis la reprise d’activité le 28 mars, l’inflation, témoignant de la remise en pression du réservoir de magma superficiel (localisé aux alentours de 1,5-2 km de profondeur sous la zone sommitale), a ralenti.
- Une reprise d'éruption après trois jours d'arrêt -
Cette reprise de l'éruption survient alors que ce mercredi 25 mars 2026, l'éruption débutée le 13 février au Piton de la Fournaise prenait fin après 41 jours de spectacle.
Le 13 mars, un mois jour pour jour après le début de l'éruption, et pour la première fois depuis 2007 la lave a traversé la RN2. À 12h35 un troisième bras de coulée a atteint la route. "Ce sont désormais trois bras de coulées qui ont traversé la route nationale deux sur une largeur de 260 m environ", précise l'OVPF.
Le 25 mars, le trémor volcanique, indicateur de l’activité en surface, a chuté à deux reprises avant de revenir à un niveau proche du bruit de fond, puis de disparaître progressivement en fin d’après-midi, marquant l’arrêt de l’éruption.
Après cette reprise, les travaux de la RN2 qui devaient débuter prochainement risquent fort de devoir attendre.
- La préfecture rappelle les dangers de l'éruption -
Avec la reprise de l’activité et la réalimentation des tunnels de lave,"une réalimentation de la plate-forme est possible, ainsi qu’une intensification du panache de gaz au point d’entrée à l’océan", indique l'OVPF.
En effet, même s’il est actuellement de faible intensité, un panache de gaz est toujours présent au niveau de l’entrée de la lave à l’océan et son intensité dépend de la quantité de lave arrivant à l’océan. "Celui-ci est principalement constitué de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique (HCl) et de particules fines. Lorsque la lave, à une température d’environ 1130 °C, entre en contact avec l’eau de l’océan riche en chlorure de sodium, elle engendre la formation d’un aérosol acide sous forme de fines gouttelettes en suspension", indique l'Observatoire.
"Ce panache contient également des particules de lave pulvérisée et des fragments de verre volcanique, pouvant être transportés sur plusieurs centaines de mètres à kilomètres sous l’effet des vents", dit encore l'OVPF.
Ce panache, parfois appelé "laze" (lava haze), peut présenter un caractère irritant et corrosif pour les voies respiratoires, la peau et les yeux. Sa dispersion dépend étroitement des conditions météorologiques locales. Par ailleurs, le contact brutal entre la lave et l’eau peut générer des explosions localisées, projetant des matériaux en fusion et des jets de vapeur à haute température à proximité immédiate du point d’entrée en mer.
Des explosions pourraient également se produire en cas de déstabilisation de la plateforme. En effet, cette plateforme, composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux, reste très instable et fragile. En cas de déstabilisation brutale, des explosions d’intensité variable pourraient survenir.
De plus sous la plateforme encore fragile peuvent se cacher des tunnels de lave, pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres. En cas d’effondrement, les conséquences peuvent être particulièrement graves : brûlures, chutes ou encore risques d’asphyxie. Les autorités rappellent ainsi que les zones récemment touchées par l’éruption ne doivent pas être considérées comme des espaces de promenade. "Ce n’est pas un terrain de jeu, ni une randonnée classique", insiste la préfecture.
Les autorités sanitaires mettent également en garde la population contre les émissions de dioxyde de soufre et les projections de cheveux de Pelé.
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Mauvaise gestion du côté de ste rose et de st philippe.