Gérald Darmanin, ministre de la Justice, sera prochainement en visite dans l'océan Indien, à La Réunion et à Mayotte. Évoquant son déplacement lors des séances de questions au gouvernement, il pourrait annoncer plusieurs mesures dont un renfort de magistrats et l'établissement d'un nouveau tribunal de proximité. Une information confirmée par plusieurs sources à Imaz Press (Photo : AFP)
"Le Parlement donne des moyens importants pour lutter contre le narcotrafic", dit-il. "Le parquet national va permettre de prendre au mois deux cents dossiers y compris ultramarins", dit Gérald Darmanin.
Narcotrafic à la Réunion : "Le parquet national va permettre de prendre au mois deux cents dossiers y compris ultramarins", dit @Gdarmanin qui promet des annonces pour "un renfort de magistrats" et l'établissement d'un "nouveau tribunal de proximité" à la Réunion. #DirectAN #QAG pic.twitter.com/F9YKT81gGt
— LCP (@LCP) January 13, 2026
"130 magistrats sont aujourd'hui à La Réunion et ils vont continuer à augmenter. Je me rendrai dans quelques semaines maintenant dans votre territoire et à Mayotte", a-t-il répondu à la députée Émeline K/Bidy.
Le ministre qui promet des annonces pour "un renfort de magistrats" et l'établissement d'un "nouveau tribunal de proximité" à La Réunion, possiblement à Saint-Benoît.
Il y a deux mois, le directeur de l'administration pénitentiaire était venu sur l'île à la rencontre des syndicats pénitentiaires.
- Darmanin veut interdire les matelas au sol dans les prisons -
Gérald Darmanin ne veut plus de matelas au sol pour pallier l'absence de place dans les prisons françaises. Le ministre de la Justice dit vouloir vaincre la surpopulation carcérale - plaie du système pénitentiaire français -, notamment en construisant des prisons mais en écartant toute régulation du nombre de détenus.
Le premier objectif de Gérald Darmanin est de proscrire "la présence de matelas au sol" des cellules dans un délai de 18 mois après la promulgation de la loi. "À terme", il s’agirait de fixer "un seuil maximum propre" d’occupation des prisons qui pourrait "s’articuler autour de taux successifs de 150 % en 2030 puis 130 % en 2032", avec un accent particulier pour les maisons d’arrêt.
Toutefois, il n’est pas question de mettre en place un dispositif de régulation de la population carcérale tel que l’ont mis en place plusieurs pays européens comme l’Allemagne, auquel Gérald Darmanin est hostile. Ce dispositif prévoit, par décision administrative automatique, de limiter les entrées ou de faciliter les sorties pour éviter une surpopulation.
"Les sorties de prison ne peuvent plus être dictées par des raisons étrangères à la décision judiciaire, ni résulter de mécanismes subis, automatiques ou purement gestionnaires", écrit le garde des Sceaux.
- Les prisons de La Réunion surpeuplées -
À La Réunion, les établissements dépassent largement leurs capacités d'accueil de détenus. Le centre pénitentiaire de Domenjod, à Saint-Denis, abrite 950 détenus pour 575 places, soit une densité de 232%.
Le quartier femme du centre pénitentiaire de Saint-Denis compte 67 détenues pour 28 places, soit 5 ou 6 détenues par cellule. "Les femmes passent la journée assise sur leur lit. Elles y dorment, elles y mangent et lorsqu'elles doivent aller aux toilettes ou prendre une douche elles doivent enjamber leurs co-détenues. L'hygiène est catastrophique" témoignait une surveillante précédemment.
À la maison d’arrêt de Saint-Pierre, 203 personnes sont incarcérées pour 110 places (131 %).
Une surpopulation carcérale qui "bat tous les records", s'inquiète l'Ufap Unsa Justice.
Lire aussi : Outre-mer : les prisons à bout de souffle, le système carcéral au bord de la rupture
- Une prison en préfabriqué au Port pour 2027 -
Lors de sa venue, le patron des prisons françaises a confirmé la création d'une prison en préfabriqué de 50 places.
Le communiqué du ministère de la Justice précise que ces établissements, "livrables en 18 mois contre 7 ans pour des établissements classiques et pour un coût divisé par deux (200.000 euros la place contre 400.000 euros pour des prisons classiques), garantissent les mêmes standards de solidité (construction en béton armé) et de fonctionnement à l’usage que les constructions classiques".
En revanche, aucune annonce n’a été faite concernant la réhabilitation de la prison de Saint-Pierre, pourtant jugée vétuste par la contrôleure générale des prisons, ni sur la création d’une unité psychiatrique tant attendue. "Nous allons engager la discussion avec le ministère de la Santé", s'était limité à indiquer Sébastien Cauwel.
En déplacement officiel sur l’île, l’administrateur national des prisons Sébastien Cauwel a annoncé la création de 36 postes dédiés à la sécurité pénitentiaire dans les trois établissements réunionnais d’ici deux ans. Vingt-cinq postes seront ouverts dès 2026 et onze autres suivront dans les deux ans. Ces agents seront spécialisés dans la sécurisation des établissements, les extractions médicales et la surveillance périmétrique.
La répartition est déjà connue : 17 postes à Saint-Denis (Domenjod), 16 au Port et 7 à Saint-Pierre.
Une enveloppe de deux millions d’euros accompagnera ces mesures afin d’améliorer les conditions de travail des surveillants et de renforcer la sécurité des établissements.
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Il vient sur notre île de La Réunion pour faire la promo du vote aux municipales, alors que beaucoup de Réunionnais ne votent pas pour le groupe Renaissance (RE).