(Actualisés) Ce jeudi 8 janvier 2026, la commission des finances a donné un avis favorable à la demande de suppression de l'amendement de Stéphane Fouassin visant à instaurer une nouvelle taxe sur les alcools forts produits à La Réunion. La demande de rejet a été déposée par un député socialiste de l'Eure, à demande de la présidente de Région, Huguette Bello. La décision finale sur cet amendement sera prise prochainement dans l'Hémicycle. De son côté, le Département "condamne l’amendement adopté en Commission des finances. Dans un courrier publié ce vendredi, le monde économique a appelé à la concertation autour du sujet (Photo : www.imazpress.com)
Contacté, le sénateur Stéphane Fouassin confirme à Imaz Press : "l'avis favorable à la demande de la suppression de mon amendement est purement consultatif".
"La décision finale sera pris dans l'Hémicycle de l'Assemblée nationale", explique-t-il. "Je n'ai pas encore la date de l'examen par les députés."
Il souligne à ce propos, que le député Philippe Naillet, s'engage à soutenir son amendement. "J’appelle solennellement mes collègues députés, qui vont examiner , à assurer le maintien du dispositif dans le projet de loi de finances", avait-il écrit dans un communiqué.
- Huguette Bello demande le rejet de l'amendement de la taxe sur les alcools forts -
C'est Philippe Brun, un député PS, qui a déposé un amendement en commission des finances pour retoquer celui du sénateur Stéphane Fouassin, jugeant cet mesure "discriminatoire pour La Réunion, alors qu'une majoration de l'accise (une taxe - ndlr) sur les spiritueux en Outre-mer existe déjà".
Un amendement déposé à la demande d'Huguette Bello. "Je l'ai déposé après avoir eu des contacts avec les élus de La Réunion, le conseil régional, la présidente Huguette Bello qui s'offusque de cette disposition adoptée par le Sénat et qui vise à augmenter de 8 euros le prix de la bouteille de rhum à La Réunion au simple motif qu'il faille renflouer les finances du Département, tenu par une majorité proche de la majorité sénatoriale." Écoutez.
Un député de l’Eure « à la demande d’Huguette Bello » fait passer un amendement supprimant le texte du Dr Fouassin pour fiscaliser davantage les spiritueux locaux. Une présidente de Région à nouveau en service commandé des Barons du rhum contre la santé publique à La Réunion. pic.twitter.com/70gl4nxbnG
— David MÉTÉ (@DavidMETE974) January 9, 2026
Cet amendement "instaurerait une nouvelle taxation, au profit du Département, qui pourrait atteindre 1615,72 euros par hectolitre d’alcool pur, soit une hausse de 1.200% par rapport à la fiscalité actuellement appliquée et une surtaxe potentielle de près de 8 euros par bouteille d’un litre", a pointé Huguette Bello.
Pour la Région, cette hausse de la fiscalité, "décidée sans aucune concertation avec les acteurs de la filière, fragiliserait fortement des entreprises réunionnaises qui créent des emplois (1.200 emplois directs à ce jour) et valorisent un savoir-faire reconnu à l’international, sans aucun bénéfice sanitaire démontré".
Même son de cloche du côté d'Evelyne Corbière Naminzo : "l'effet sanitaire supposément bénéfique de cet amendement est très loin d’être démontré, puisqu’il concerne la filière "rhums" locale, sans s’attaquer aux autres alcools importés.
Lire aussi - Taxes sur les alcools forts : derrière la polémique, un véritable fléau à combattre
- Une augmentation de près de 8 euros par bouteille d'alcool -
Dans un communiqué datant de ce mercredi 7 janvier 2026, le syndicat professionnel La Réunion des Rhums (LRR) dénonce le projet d’amendement au budget 2026 visant à instaurer une nouvelle taxe sur les alcools forts à La Réunion.
Selon la filière locale, l’application de cette taxe entraînerait une explosion de la fiscalité sur le rhum réunionnais, évaluée à +1.216 %, soit une hausse de plus de 1.600 euros par hectolitre d’alcool pur. À titre de comparaison, les alcools importés verraient leur augmentation plafonnée à 200 euros.
Conséquence directe : une hausse estimée à près de 8 euros par bouteille, qui pèserait à la fois sur le pouvoir d’achat des Réunionnais.es et sur la compétitivité des producteurs locaux. "Cette disposition risque de déplacer la consommation vers les alcools importés, sans aucun effet démontré sur les consommations problématiques", assure LRR.
La Réunion des Rhums alerte aussi sur les risques économiques majeurs pour une filière composée exclusivement de TPE et PME, représentant environ 1.200 emplois directs, indirects et induits, et jusqu’à 15.000 emplois si l’on inclut l’ensemble de la filière canne-sucre-rhum-énergie.
- Le Département condamne la suppression de l'amendement Stéphane Fouassin -
Le Département de La Réunion "condamne avec la plus grande fermeté l’amendement adopté en Commission des finances de l’Assemblée nationale visant à supprimer la majoration de la taxation des alcools forts à La Réunion, pourtant votée par le Sénat pour des raisons de santé publique. Cet amendement de suppression, défendu par le député de l’Eure Philippe Brun, constitue un recul grave et irresponsable face à une réalité sanitaire dramatique que connaît notre territoire".
Il ajoute : "Philippe Brun a lui-même reconnu avoir été en contact avec la Présidente de la Région Réunion et évoque l’opposition supposée "d’un certain nombre d’acteurs associatifs et militants offusqués par cette disposition". Cette affirmation est totalement erronée et profondément déconnectée de la réalité réunionnaise".
À La Réunion, les acteurs associatifs, notamment ceux qui sont engagés dans la prévention et la lutte contre l’alcoolisme soutiennent très majoritairement la majoration de la taxation des alcools forts. "C’est notamment le cas de la Fédération Régionale d’Addictologie de La Réunion (FRAR), présidée par le Dr David Mété, qui alerte depuis de nombreuses années sur les conséquences sanitaires et sociales d’une consommation excessive d’alcools forts, favorisée par des prix parmi les plus bas de France."
Le Département ajoute : "il est particulièrement choquant de constater qu’aucun argument relatif aux dangers de l’alcool sur la santé publique n’a été avancé lors des débats en Commission des finances. L’unique justification développée par Philippe Brun est d’ordre financier, prétendument liée à l’impact de cette majoration sur l’industrie rhumière. Là encore, il s’agit d’une contre-vérité".
"Refuser d’activer un levier fiscal reconnu par les acteurs comme efficace revient à ignorer délibérément une réalité sanitaire documentée et alarmante."
"Cette suppression de la honte a par ailleurs été votée en l’absence totale de l’Outre-mer : aucun député des départements et régions d’outre-mer n’a participé à ce vote. Une décision lourde de conséquences pour La Réunion a donc été prise sans les représentants directs de la population concernée", déplore le Département.
Le Département de La Réunion assume son soutien à l’amendement, qu’il présente comme un levier de santé publique et appelle les députés réunionnais à la "responsabilité" et à ne pas "barrer la route" à cet amendement.
- Le monde économique appelle à la concertation -
Dans un courrier publié ce vendredi soir, le Medef Réunion, l’ADIR, le CPME Réunion et le Syndicat du sucre viennent apporter leur soutien à la filière.
"Une telle évolution créerait une situation de distorsion de concurrence à la fois incohérente et injuste, en pénalisant lourdement la production locale au profit d’autres alcools importés dont l’augmentation de taxation serait plafonnée à 200€ par HAP", alertent les organisations.
"Cette distorsion ne serait pas seulement fiscale : elle serait surtout incohérente au regard des orientations que nous portons collectivement pour La Réunion. En renchérissant ce que nous produisons localement tout en favorisant des produits importés, elle irait à rebours des objectifs de valorisation des filières locales, de relocalisation de la valeur et de renforcement de notre économie, et conduirait mécaniquement à un report de la consommation vers des alcools importés", affirment-ils.
Au-delà du seul secteur du rhum, "nous souhaitons attirer votre attention sur les effets systémiques qu’une telle mesure pourrait engendrer", écrivent-ils.
"Le rhum constitue un débouché économique essentiel pour la canne à sucre, pilier de l’agriculture réunionnaise. Fragiliser la production de rhum, c’est fragiliser à terme l’ensemble de la filière Canne-sucre-rhum-énergie, qui représente près de 15 000 emplois directs, indirects et induits à La Réunion, et dont les composantes sont étroitement interdépendantes."
Aussi, au regard des enjeux tant économiques que sociétaux, et connaissant votre engagement en faveur du développement économique de notre territoire et votre soutien à chacune de nos filières, nous vous demandons, Monsieur le Président, de surseoir à ce projet de taxation et d’engager une concertation approfondie avec l’ensemble des parties prenantes, afin d’identifier des solutions équilibrées conciliant impératifs de santé publique et préservation durable de notre tissu économique local.
- 250 décès directs et 450 indirects à cause de l'alcool chaque année à La Réunion -
Ce débat intervient alors que l'alcoolisme à La Réunion tue en moyenne 250 personnes chaque année. "On estime à 250 le nombre de décès par an liés directement à l’alcool (cause directe) et plus de 450 décès au moins en partie imputables à l’alcool", indiquait l'Agence régionale de santé (ARS) en juin dernier.
Si le département est derrière l'Hexagone en termes de consommation quotidienne d'alcool, 10 % des buveurs consomment 69 % des quantités d’alcool bues à La Réunion. Les gros buveurs peuvent consommer jusqu'à 16 verres par jour, soit trois litres d'alcool fort. Soit une moyenne de 112 verres par semaine.
D'après une enquête d'Alcoolisation Chronique Massive à La Réunion (ACMA974), l'alcool le plus consommé reste par ailleurs le rhum et ses dérivés pour 47% des personnes.
• Pour les personnes ayant une forte dépendance à l’alcool, il est conseillé d’en parler à son médecin et d’aller consulter des professionnels spécialisés en addictologie : CSAPA (centre de soins ambulatoires en addictologie) ou services d’addictologie des établissements de santé.
La direction d'Addictions France Réunion accueille les personnes sur son centre de prévention et de formation sur les addictions, ainsi que sur ses centres de soins en addictologie repartis sur l’ensemble de l’île. Toute personne peut se faire accompagner de manière anonyme et totalement gratuite. Renseignements à la direction d’Addictions France au : 02 62 30 22 93 ou sur le site de l’association nationale : https://addictions-france.org/
Pour faire le point sur sa consommation d’alcool, s’informer ou être aidé, RDV sur le site "Alcool-info-service".
Lire aussi - Alcool : la consommation diminue chez les jeunes, mais "les efforts doivent continuer"
www.imazpress.com/[email protected]

Melchior, commencez par regarder le personnel en soufrance partout dans l'ile au lieu de mettre la poussière sous le tapis.
Aucun charisme le béni oui oui
Mme Bello nous doit des explications
Ou fé pitié doms
eh oui, les politiciens préfèrent voir des épaves alcoolisées , pourvu que ce soit avec du rhum péï , ces gens qui deviennent des pères et des maris violents ( et parfois des mères aussi d'ailleurs) mais qui votent "bien" contre une bouteille de rhum!
Sauver la filière locale? la bonne blague , il suffit de voir , partout , tous les alcools venus d'ailleurs pour se convaincre que ce n'est pas ça , mais juste l'obligation de faire plaisir aux producteurs ...financiers des candidats qui deviennent leurs obligés!
Et qu'ils ne viennent pas dire qu'ils ne mangent pas de ce pain là , quand on connait leurs carrières depuis parfois 50 ans ( vous savez , les mêmes qui parlent de politique "coloniale" alors qu'ils s'engraissent grâce à elle depuis tout ce temps)
Et puis , pour l'alcoolisme , véritable fléau réunionnais , pas grave , c'est la sécu qui paie!
Bien vu !
Inutile que du profit et une entrée d argent pour dépenses a tort et a travers
N'a pas RATENON ni GAYARD va yaide a ou
Une communiste excommuniée qui se bat pour les patrons ! Quand pense l’Union des Femmes Réunionnaises si promptes à réagir à l’actualité internationale ?
Pas d'accord avec la présidente de Région sur ce coup là. L'alcool est un fléau. Point barre
Un alcoolique certainement.
Fouassin élu invisible et transparent n'a rien fait pour notre île. Il l'a dans le baba.
Qu'a t il apporté a la Réunion ? RIEN