Prix des carburants : sans solution proposée par les pétroliers, les entreprises pourraient se mobiliser dès lundi

  • Publié le 22 avril 2026 à 12:02
  • Actualisé le 22 avril 2026 à 12:09
DEETS Direction de l'Economis, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités

Au lendemain d'une réunion tendue en préfecture, les compagnies pétrolières sont reçues, ce mercredi matin 22 avril 2026 par la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Deets). Objectif : tenter d'obtenir, enfin, des engagements concrets pour faire baisser les prix des carburants à La Réunion. Sans réponse concrète, les entreprises réunionnaises préviennent déjà : une nouvelle mobilisation pourrait être organisée dès le lundi 27 avril (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

La réunion d'hier, en préfecture, n'a rien donné. Sans avancée particulière, le dossier des prix des carburants entre, ce mercredi, dans une phase décisive. 

- La menace d'une nouvelle mobilisation -

La tension pourrait d'ailleurs monter d’un cran si rien n’est obtenu d'ici la fin de la semaine. Du côté des acteurs économiques, le président de la CCIR, Pierrick Robert prévient : "Les petites entreprises seront prêtes à se mettre en ordre de marche. Elles attendent quelque chose, sinon elles se mobiliseront". Une inquiétude partagée par les professionnels de la route.

Hugues Atchy, président de la Fédération des taxis indépendants 974, déplore l’absence de réponses : "Tout le monde espérait que les pétroliers et la SRPP allaient faire un geste, il n’y a rien eu". Il rappelle l'importance de ces discussions : "On a eu 5 centimes de la Région sous conditions d'un geste des pétroliers, s’ils ne font pas d’effort, on risque de perdre ces 5 centimes". Faute de solution rapide, les petites entreprises annoncent déjà une nouvelle mobilisation qui pourrait être organisée dès le lundi 27 avril prochain.

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- Les pétroliers à la Deets -

Depuis 10 heures, ce mercredi matin, les compagnies pétrolières sont reçues une par une par la Deets. C'est chacune à leur tour qu'elles défilent dans les locaux du directeur de l'administration, afin d'éviter toute suspicion d’entente illicite. L'enjeu est clair : il s’agit désormais de faire émerger des propositions concrètes, alors que la pression politique et sociale ne cesse de monter.

- Une réunion entre silences et hésitations -

Mardi après-midi, autour de la table, seules deux compagnies, Total et Rubis, ont pris la parole. Sans pour autant avancer de solution concrète, elles ont esquissé quelques pistes. À l’inverse, le silence d’Engen et d’Ola n’est pas passé inaperçu. Selon nos informations, l’un des représentants aurait même reconnu, face à Huguette Bello : "Madame la présidente, je ne dis rien car je ne sais pas quoi répondre". Une réaction à l'image du flou qui entoure encore la position des pétroliers.

À la préfecture, la présidente de Région a haussé le ton, martelant la nécessité pour les compagnies de "mettre la main à la poche". Pour rappel, le conseil régional avait annoncé une aide de 10 centimes, puis de 5 centimes supplémentaires, à condition que les pétroliers participent à un effort bénéficiant à l'ensemble de la population. Ces aides s'ajoutent au dispositif d'aide de 20 centimes mis en place par l'État. Le Département a décidé d'apporter une solution aux publics les plus fragiles en débloquant une enveloppe de 5 millions d'aide via leur Cart'Monétik.

Les pétroliers, pour le moment, n'ont toujours pas dépensé un seul centime. Une contribution des cinq acteurs du secteur - les quatre compagnies et la SRPP (société réunionnaise des produits pétroliers, qui stocke les carburants) - permettrait donc de débloquer ces 5 centimes supplémentaires annoncés par la Région, et d’enclencher une baisse plus significative des prix pour l'ensemble des Réunionnais.es.

- Un préfet en faveur d’un geste des pétroliers -

Selon plusieurs participants à la réunion de ce mardi, le ton a changé. Alors qu'il avait mobilisé un important dispositif des forces de l'ordre lors de la mobilisation des professionnels de la route, le préfet, Patrice Latron, aurait désormais clairement pris position en faveur d’un effort des compagnies pétrolières.

Si tous les acteurs reconnaissent "que le but premier d’une entreprise est de faire des profits", la question des "superprofits" s’est invitée au cœur des échanges. Dans un contexte de crise, difficilement supporté par les ménages et les professionnels, cette notion cristallise les tensions. D’un côté, élus et acteurs économiques estiment que les bénéfices des pétroliers justifient une contribution. De l’autre, les compagnies réfutent toute accusation : elles assurent faire "des profits mais pas de superprofits" et renvoient la responsabilité vers l’État, qui serait les "premiers profiteurs de la crise", notamment par le biais des taxes sur les prix des carburants.

Les discussions engagées mercredi, et qui se poursuivent ce jeudi, pourraient donc être déterminantes. En recevant les compagnies individuellement, l’État cherche à lever les blocages et à pousser chacun à prendre ses responsabilités. Car désormais, l’attente est claire : un geste concret, rapide et visible pour l’ensemble des Réunionnais. À défaut, la crise des carburants pourrait rapidement reprendre de plus belle.

vg / ee / www.imazpress.com / [email protected]

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