A quelques heures d'une probable augmentation des prix et alors que les professionnels de la route ont décidé de ne pas se mobiliser ce lundi 27 avril 2026, les tensions liée à la flambée des prix des carburants planent toujours. Réunions en chaîne, absence de réponses concrètes et silence des pétroliers : retour sur ses dernières semaines de crise. (Photo Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Réunis ce dimanche, à Bras-Panon, les membres de l’intersyndicale des professionnels de la route ont choisi de temporiser, préférant laisser une dernière chance au dialogue. "Pour l’instant, on n’a pas prévu de nous mobiliser. On attend que les pétroliers fassent un geste", a expliqué à Imaz Press Hugues Atchy, président de la fédération des Taxis indépendants 974.
- Une proposition de lissages des prix à La Réunion a été faite aux pétroliers -
Dans un communiqué publié dimanche soir, l’Union interprofessionnelle de défense des entreprises réunionnaises (l'UIDER), a indiqué que le vendredi 24 avril une "amorce de discussion directe (a eu lieu) entre l'UIDER et les pétroliers sur la proposition de négociation relative aux stocks disponibles de la SRPP (Société réunionnaise des produits pétroliers".
L'UIDER ajoute qu'elle a proposé aux compagnies pétrolière "le lissage des prix à la pompe en fonction du stock de carburant acheté avant le 1er avril 2026. Ce stock, acquis à l'ancien prix, représente plusieurs dizaines de millions d'euros de différence de valorisation".
Redistribué à la population sous forme de lissage sur deux à trois mois, cette action constituerait "une baisse concrète et immédiate — sans toucher aux marges opérationnelles des sociétés privées" a estimé l’Union interprofessionnelle de défense des entreprises réunionnaises.
"Cette proposition a été retenue comme base de discussion par les pétroliers lors des échanges du vendredi 24 avril. L'UIDER prend acte de cette ouverture et en exige la concrétisation en chiffres clairs, applicables directement à la pompe, pour toute la population, sans condition ni dossier" a noté dans son communiqué l’Union interprofessionnelle de défense des entreprises réunionnaises (
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Reste qu'à ce stade, l'attente d'un geste des pétroliers se poursuit sans qu’aucune solution concrète n’ait encore été trouvée.
- Une flambée des prix inédite -
Tout commence le 1er avril dernier, avec une hausse brutale des prix à la pompe : le sans-plomb passe de 1,54 euros à 1,96 euros le litre, soit + 42 centimes. Et le gazole de 1,25 euros à 1,77 euros, soit + 52 centimes. Une augmentation inédite, directement liée à la flambée des cours mondiaux du pétrole, dans un contexte de tensions internationales.
Cette augmentation brutale pèse lourdement sur le quotidien des Réunionnais.es et sur l’activité économique. Entreprises de transport, artisans, salariés : tous dénoncent un impact direct sur leur pouvoir d’achat et leur capacité à travailler.
Lors d’une réunion en préfecture la semaine dernière, le préfet a confirmé une nouvelle augmentation du gazole au 1er mai, qui pourrait approcher les 2 euros le litre, sans toutefois franchir ce seuil.
- Des réunions sans réponses concrètes -
Face à la situation, les rencontres se sont multipliées ces derniers jours entre l’État, les collectivités, les syndicats de salariés et les acteurs économiques.
Mais à l’issue de ces échanges, le constat reste le même. "Nous sommes ressortis comme nous sommes rentrés, sans rien", déplorent les organisations syndicales de salariés, qui dénoncent notamment l’absence de mesures pour les classes moyennes.
Si certaines aides existent, comme des dispositifs nationaux ciblés ou des mesures d’accompagnement pour les publics les plus précaires, elles sont jugées insuffisantes par de nombreux acteurs.
- Dans l'attente des pétroliers -
Malgré les appels répétés des élus, des professionnels et de l’État, les compagnies pétrolières n’ont, à ce stade, annoncé aucune mesure.
Un silence qui alimente la tension. Pour beaucoup, elles sont pourtant les seules à détienir les leviers immédiats pour agir, notamment en ajustant leurs marges ou en jouant sur les stocks achetés à des prix plus bas.
Les collectivités, de leur côté, affirment avoir déjà contribué à l’effort, appelant désormais les pétroliers à "faire leur part".
- Une mobilisation en suspens -
La menace d’un mouvement social d’ampleur plane toujours. Ces derniers jours, les professionnels de la route et les organisations syndicales de salariés ont évoqué la possibilité de blocages ou de manifestations. Pour l’heure, l’intersyndicale a choisi de suspendre toute action, dans l’espoir d’un geste imminent de la part des pétroliers.
Mais cette accalmie pourrait être de courte durée. En l’absence de réponse rapide, la mobilisation pourrait reprendre. À l’aube de cette nouvelle semaine, les compagnies pétrolières sortiront-elles enfin du silence, ou la crise est-elle appelée à s’intensifier ?
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