Municipales 2026 : accusations d'intimidations, vols de profession de foi... certains candidats se permettent tous les coups

  • Publié le 10 mars 2026 à 08:38
élections régionales et départementales 2021

Le premier tour des élections municipales 2026 approche à grands pas, et la campagne continue de dérailler. Les accusations d'intimidations, de vols de professions de foi, de dégradations et d'insultes en ligne se multiplient un peu partout dans l'île. Plusieurs candidats indiquent déjà avoir porté plainte, pour diverses raisons toutes condamnées par les lois (Photo Richard Bouhet / www.imazpress.com)

Sainte-Marie, Saint-André, Le Tampon, Saint-Benoît…Les dénonciations d'actes malveillants se sont multipliées ces dernières semaines, alors que la campagne municipale bat son plein. Ces derniers semblent s'être accélérés ces derniers jours, à quelques jours du scrutin du premier tour. 

Céline Sitouze, candidate à la mairie de Sainte-Marie - qui a déjà porté plainte pour menace de violences sexuelles et qui dénonce des attaques racistes envers elle - a affirmé ce samedi 7 mars 2026 que des militants opposés "retir(ent) nos tracts des boîtes aux lettres systématiquement après le passage de nos équipes". 

La candidate a précisé que "le fourgon a été identifié" ainsi que "sa plage minéralogique". "Pour rappel, ouvrir la boîte aux lettres d'une autre personne avec un pass sans autorisation constitue une atteinte au secret des correspondances, punie jusqu'à 1 an de prison et 45.000 euros d'amende", a-t-elle souligné.

- Des pressions et intimidations dénoncées dans la campagne des municipales -

À Saint-Leu, la candidate Angélique Lapierre a affirmé ce lundi que "certains membres de son équipe, dont plusieurs sont employés dans le cadre de contrats aidés relevant de la Région Réunion, affirment avoir subi des pressions ou des tentatives d’intimidation visant à les dissuader de poursuivre leur engagement citoyen au sein de notre liste".

"Il aurait notamment été évoqué la possible non reconduction de certains contrats dans un contexte où l’engagement politique des personnes concernées était mentionné", a-t-elle dénoncé. "Plusieurs colistiers indiquent également avoir été placés dans des situations de forte pression les conduisant à signer des documents sans qu'il leur soit permis d'en prendre connaissance, ou encore à être filmés dans des circonstances qu’ils contestent aujourd’hui", a continué la candidate. 

Des accusations qualifiées de "manifestement mensongères", "guidées par des motivations électoralistes", "scandaleuses", "irresponsables", et "pénalement répréhensibles" par la Région. "En conséquence, et afin de ne pas laisser prospérer de telles dérives, la Région Réunion se réserve le droit de déposer plainte pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles", annonce la collectivité.

Karine Nabénésa, candidate à Saint-Leu, a annoncé que "deux plaintes ont été déposées à l'encontre de Mme Lapierre : la première vendredi dernier pour usurpation d’identité par autrui, et la deuxième déposée ce jour pour diffamation et propagation de fausses nouvelles". 

- Rumeurs et faux sondage -

À Saint-André, des accusations d'achats de procurations courent sur les réseaux sociaux. "Saint-Andréennes, Saint-Andréens : votre voix vous appartient", appelle un militant.

"Ces derniers jours, plusieurs habitants ont signalé avoir reçu des messages [d'une militante] leur réclamant leur pièce d'identité afin d'établir des procurations pour les élections municipales", affirme-t-il. 

Enfin, depuis quelques jours, un sondage attribué à Ipsos circule sur les réseaux sociaux, révélant de prétendues intentions de vote à Saint-Pierre. L'institut de sondage a dû publier un démenti quant à la véracité de ce sondage. 

- Des actes qui, s'ils s'avèrent vrais, sont punissables par la loi -

Entre rumeurs et faits avérés, la limite reste cependant mince actuellement. Contacté, le parquet de Saint-Pierre indique ne "pas avoir eu de retour de plaintes en ce sens". 

La gendarmerie, elle, confirme avoir reçu "des plaintes", sans plus de précision." S'agissant d'un sujet sensible, nous ne faisons aucune communication sur ce point", note-t-elle. 

Pour Me Sébastien Navarro, avocat au barreau de Saint-Denis, si ces faits sont avérés, ils peuvent tomber sous le coup de plusieurs infractions. "Concernant le vol de profession de foi, cela serait considéré comme un vol, et peut donc être puni de 3 ans d'emprisonnement et de 45.000 d'amende", dit-il, contacté par Imaz Press Réunion. 

Concernant les fausses procurations et les intimidations, "on peut ici parler d'une atteinte à la sincérité du scrutin, régie par l'article L116 du code électoral", indique l'avocat. Une infraction qui peut être punie d'une amende de 15.000 euros et d'un emprisonnement d'un an.

Les infractions électorales peuvent être punies "jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 15 000 euros", précise le parquet de Saint-Denis.

Contactée, la préfecture indique "peut être destinataire de signalements de la part de candidats ou de citoyens concernant des pratiques qui pourraient  être contraires au droit électoral". "En revanche, elle n’a pas compétence pour intervenir directement dans la majorité de ces situations, qui  relèvent soit de l’autorité judiciaire, soit du juge électoral", précise-t-elle.

- Des attaques récurrentes -

Ces nouvelles accusations apparaissent quelques jours après des dégradations constatées sur le véhicule d'une militante de Patrice Selly, à Saint-Benoît. La vitre de sa voiture a été cassée, tandis que des affiches du candidat ont été arrachées.

Des faits qui eux-mêmes sont survenus au lendemain de la dégradation d'affiches d'Alexis Chaussalet, candidat au Tampon. Des croix gammées, des inscriptions comme "nazis" ou "assassins" ont été taguées sur ses affiches de campagne. 

Plus tôt encore, dès décembre 2025, la campagne de David Lorion a été attaquée par le biais de Michel Fontaine, ancien maire de Saint-Pierre décédé le 27 mars 2025. Une vidéo générée par IA montrait le candidat à sa succession dansant sur le cercueil de l'ancien maire. Quelques semaines plus tard, il a été qualifié de "proxénète" et "trafiquant de drogues" par un militant d'Emeline K/Bidi.

Lire aussi - Municipales 2026 : tout est bon pour convaincre, y compris l'improbable...

as/www.imazpress.com / [email protected]

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8 Commentaires
La tortue
La tortue
26 minutes

Tout ça ne donne pas envie . Choisir qui ? Un parti ? Une personne ? Des idées ? L'entourage ?
Sinon rien à voir mais Un chien a été écrasé sur la déviation de Grand Bois y a 1mois1/2 environ ,,, un grand chien ... ce matin on commence à voir les os ? C'est normal de tailler les herbes et de pas faire ramasser les cadavres ?

Ded
Ded
35 minutes

On se croirait revenu "au bon vieux temps" des broquettes , des menaces physiques et des coups de fusils , sans parler des défilés de vieilles bagnoles conduites par des types avinés des années 80!
Bref , nous reculons car les candidats sont , pour une partie , de sinistres crétins ( il suffit de regarder les émissions de télé pour voir l'indigence des propos , les mensonges dignes d'une école maternelle , ou , plus tristement , la décrépitude mentale de certains ex maires qui s'accrochent ou veulent revenir "à la demande d'amis")
Ce n'est pas avec des édiles de cet acabit que la Réunion ira de l'avant!
Et pourtant ,nous en avons des jeunes qui ont fait de brillantes études , des jeunes honnêtes qui, revenus dans l'île pour certains, sont effondrés de voir les vieilles mafias toujours à la tête de l'île , gâteau tellement juteux, qui voudraient s'investir , mais comme dans le recrutement dans les collectivités , les vieux de la vieille , pour certains aux manettes depuis 40 ans , leur barrent le chemin . Dans les collectivités pour que ces jeunes ne voient pas combien ils sont cons , et pour les élections , pour qu'ils ne découvrent pas le degré de corruption de certains élus!

Jako
Jako
43 minutes

Cette ambiance malsaine ne serait elle pas le miroir de ce qui se passe en ce moment en Métropole?Certains semble vouloir s'inspirer des exactions commises en Métropole vers des candidats qui ne "leur convienne pas"! Lamentable!

Saintjosephois
Saintjosephois
1 heure

Que toute dégradation fasse l' objet d' une enquête et de rechercher les auteurs ,afin d'éliminer définitivement le candidat au poste de premier magistrat de la collectivité,car ce n'est pas tolérable cette façon d' agir bande de vautours.

Aline
Aline
1 heure

Lfi et plr même combat ? On dirait. En tout cas la gauche aux abois tente d'exister dans un paysage électoral qui s'assainit malgré les journalistes

Kub
Kub
1 heure

Ceux qui accusent la gauche, c'est de la diffamation sans preuve! Il y a aussi de l'auto-sabotage pour diffamer les autres candidats! L'achat de procurations concerne Saint Benoit où le CCAS est devenu une machine à procuration...

HULK
HULK
3 heures

Quelle belle période. Elle met en évidence,si besoin en était, la bêtise humaine dans toute sa splendeur.

MARIMAR
MARIMAR
43 minutes

C'est exact, la vilainie n'a plus de limites.
Sur la commune de Ste Rose, un maire qui se permet de rabaisser les autres candidats dont un en particulier en laissant la "vanne" concernant l'aide du CCAS dont la famille d'un de ses opposants aurait antérieurement bénéficié , c'est vraiment petit ! et le mot est faible.
Et si d'aventure un des candidats lisait ces lignes, sachez qu'à Ste Rose, on ne vit pas bien ; j'habite le quartier de la Ravine glissante, quartier très sale et où les incivilités sont légion et non on ne dort pas bien. Aucun respect !