Prostitution, violences faites aux femmes, vols : le trafic de drogues menace gravement la société réunionnaise, estime le préfet

  • Publié le 3 juin 2026 à 03:00
Préfet patrice  Latron

L'augmentation du trafic et de la consommation de drogues, parmi lesquelles le dou, une drogue de synthèse, menace la société réunionnaise selon Patrice Latron, préfet de La Réunion. Dans un entretien avec Imaz Press, le représentant de l'Etat alerte sur les dangers graves liés au trafic de drogues : les violences faites aux femmes, la prostitution, y compris des mineurs, et la délinquance d'appropriation avec les cambriolages et les atteintes à la personne notamment (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Monsieur le préfet, quelle est l'évolution des saisies de stupéfiants à La Réunion ?

Entre le 1er janvier 2025 et le 1er janvier 2026, on est à plus 83% d'augmentation de saisie de cannabis, à plus 115% de cocaïne et plus 300% de kétamine et de cathinone, des drogues de synthèse dont le dou. Ce sont les chiffres de l'importation par la douane, des produits qui arrivent via des colis et des mules.

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La consommation de drogue à La Réunion est de plus en plus importante. Sur le terrain, un phénomène de prostitution de mineurs a été observé. Ce phénomène est-il connu de vos services ?

Oui. Toutes les dérives d'une société liées à la drogue sont en train d'arriver à La Réunion.

C'est le rôle de l'État, aux côtés des associations avec l’action de la délégation aux droits des femmes, de s'en occuper, bien sûr que c'est un sujet.

Cela fait partie de tous ces vices qui débarquent : les violences faites aux femmes, la prostitution, et la délinquance d'appropriation où l'on se dit : "Je suis drogué, je suis accro, j'ai perdu mon emploi, j'ai perdu mon logement, j'ai perdu mon conjoint. Qu'est-ce que je fais ? Il ne me reste qu'une chose, c'est d'aller attaquer les gens ou cambrioler pour payer ma dose. Ou me prostituer".

Savez-vous s’il existe des laboratoires clandestins de fabrication de dou à la Réunion ?

Là je n'entrerai pas dans les détails. C'est un sujet d'enquête et nous n’en avons pas démantelé pour l'instant.  Ce sont des sujets au long cours.

On nous a signalé l’existence d’un laboratoire clandestin de fabrication de dou à Saint-Louis...

D'accord.

Les interceptions de drogue dans le canal du Mozambique sont aussi de plus en plus importantes. 

Oui, parmi les moyens de lutte contre les trafics de drogue, il a, et il ne faut pas le négliger, l’action des armées et de la Marine nationale qui agit sous mon autorité dans le canal du Mozambique. Ce sont des saisies énormes qui sont faites puisque nous sommes à 4 opérations entre le 1er janvier et le 15 mai 2026. Ce sont 4 tonnes 4 de méthamphétamine, d'héroïne et de dérivés qui ont été saisies.

Mais là, on est très loin de la Réunion. C'est de la drogue qui vient du Balouchistan au Pakistan et qui descend le long de la côte africaine.

Où était supposée aller cette drogue interceptée dans le canal du Mozambique ? 

C'est à la justice de le déterterminer. Moi, je ne peux parler que de ce que je sais *

Désormais, les trafiquants de drogues à La Réunion affichent leurs petites annonces sur les réseaux sociaux, des acheteurs y répondent, les trafiquants y préparent aussi des règlements de compte...

Ce que j'explique, c'est qu'on est en retard par rapport aux phénomènes qu'on connaît en Métropole, à la massification de ce phénomène, mais on est en train de rattraper ce retard à grandes enjambées.

Nous n'avons pas encore de règlement de compte à l'arme à feu, mais on commence à avoir des expéditions punitives, des menaces, des sanctions physiques. Et ça c'est le rôle de l'État de lutter contre ça. 

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Des moyens supplémentaires sont-ils prévus pour surveiller ce qui se passe sur internet et intervenir ?

Il y a des services dans la police comme dans la gendarmerie qui luttent contre la délinquance en ligne, ils sont sous l'autorité de la justice.  

Nous avons interrogé un médecin généraliste qui nous a confié n’avoir jamais entendu parler du dou. Qu'en pensez-vous  ?

Je n'ai jamais entendu dire ça, vous le l'apprenez, c'est très intéressant. Il faudrait que les médecins nous le disent, qu'ils soient mieux informés. C'est le rôle de l'agence régionale qui sera à nos côtés. 

Lorsqu'un médecin, à La Réunion, dit ne pas savoir ce qu’est le dou, cela veut aussi dire qu’il y a ratage quelque part ?

Non, ce n'est pas un ratage. Le trafic et la consommation de dou sont des phénomènes nouveaux qui sont en train de se diffuser dans la société. Ce n'est pas un ratage, mais il y a un besoin d'adaptation et d'information du corps médical.

La preuve, les médias ont aussi un rôle à jouer. Vous (Imaz Press - ndlr) nous informez, parce que vous êtes allés creuser un peu cette information, c'est très important. 

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Vous faites référence à l’agence régionale de santé, les bénévoles nous disent être démunis, dépassés, et pas formés. Que leur dites-vous ?

Ça fait partie des choses que je voudrais améliorer.  C'est un sujet dont il faut qu'on s'empare. On a des acteurs qui se sentent isolés et dépassés, l’idée, c'est de les mettre en réseau, de renforcer, si on peut, leurs moyens, leur formation ou leur information. Il s’agit aussi de les mettre en réseau et de faire en sorte qu'ils se sentent moins seuls.

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Il y a des enfants placés en foyer ou en familles d'accueil qui ont des addictions. Que dites vous aux soignants qui se sentent dépassés par cette situation ?

L'idée, est d'utiliser un réseau d'adultes relais pour sensibiliser les jeunes aux méfaits de la drogue.

Les associations, par exemple, peuvent aussi être sensibilisées par les mairies qui les subventionnent. Autre exemple, l'État attribue des subventions au titre de la politique de la ville, ou d'autres politiques.

J'ai demandé d'ajouter un nouveau critère dans les demandes de subventions : chaque association doit mettre dans son programme, dans son action, une notion d'information, de pédagogie, de prévention sur les drogues. 

Des soignants disent se sentir isolés lorsqu'ils voient la même personne revenir plusieurs fois dans les services d'addictologie, ils ont la sensation d'être dans une impasse face à l'addiction

Oui il y a un découragement, probablement.

Avec l'Agence régionale de santé, on pourrait financer des structures de soins pour les personnes souffrant d'addictions. Ces structures manquent à La Réunion.  En fait, les moyens existent, nous les avons, mais ils sont parfois dispersés. Il y a plein d'actions qu'il faut soutenir, dans le domaine médical, comme dans le domaine associatif.

Car ce phénomène de trafic de drogues est en train d'ébranler la société réunionnaise. Il menace le bien-vivre-ensemble.

Il menace le fait qu'à La Réunion on vit bien, on est en sécurité. Les gens coexistent pacifiquement. 

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Pour certaines familles réunionnaises, le vivre ensemble n'est plus qu'un slogan, ce n'est plus une réalité

Je comprends.

Mais la Réunion, pour quelqu'un qui vient de l'extérieur, est un territoire encore privilégié. C'est un territoire où il fait bon vivre et où on n'a pas encore l'ampleur des problèmes qu'on peut connaître ailleurs, notamment en France métropolitaine.

Mais évidemment, moi, je ne vais pas au fin fond des familles qui sont en difficulté avec des membres qui sont malades, qui sont dans une extrême pauvreté, parfois victimes de racisme ou de la drogue.

Vous journalistes, vous êtes sur le terrain, vous voyez ce qui ne va pas bien, mais il y a encore une solidarité familiale, il y a encore cette capacité de vivre ensemble ici.

Mais on parcourt ce que la Métropole a connu, connaît depuis 10 ans.  

Les Réunionnais ont l'impression qu'il y a une augmentation sans précédent du trafic de drogue à La Réunion, c'est une réalité ou alors les autorités communiquent-elles davantage sur le sujet ?

C'est les deux.

Je vous donne mes chiffres depuis le 1er janvier 2026, ils sont déjà faux puisqu'ils datent d'hier (jeudi 28 mai - ndlr), et on vient d'interpeller une mule ce matin (vendredi 29 mai - ndlr).

Nous sommes à 29 mules, dont 27 classiques, cela veut dire que ces mules font rentrer de la drogue à La Réunion. Et 3 mules d'argent, c'est-à-dire des personnes qui sortent avec des billets de banque scotchés autour des cuisses du ventre. C'est l'argent de la drogue qui repart vers la métropole. Et on les prend au départ à l'aéroport Roland-Garros.

On en a interpellé 58 en 2025. Et c'était déjà une grosse augmentation par rapport à 2024.

Les mules ne viennent pas que de Paris. Elles viennent de partout : de Bangkok, d'Afrique du Sud. Ça vient de tous les vols.

Est-ce que cela veut dire que dans le monde, l'île de La Réunion est désormais repérée comme un endroit où il y a de l'argent à se faire avec le trafic de drogue ?

Je ne sais pas. Mais oui, certains peuvent penser qu'il y a un marché à prendre.

Sommes-nous entrain de vivre ce que les Antilles ont connu il y a 20 ans ?

On est en train de partir là-dessus. J'espère qu'on n'ira pas là où ils en sont actuellement. Mais on parcourt ce que la Métropole a connu, connaît depuis 10 ans. 

Peut-on dire que la réponse répressive est maîtrisée à La Réunion ? 

Je ne dis pas que c'est maîtrisé, on n'en fait jamais assez, mais on y travaille et on va continuer, avec des nouvelles méthodes, des renforcements de moyens, mais ça je ne vais pas communiquer là-dessus.

Que souhaitez-vous apporter de nouveau dans la lutte contre le trafic et la consommation de stupéfiants à La Réunion ?

On est dans un affaire de business. On a une demande, on a des gens qui veulent de la drogue et on a une offre qui se met en place. On attaque l'offre avec détermination. Mais ce que je dis, c'est que tant qu'il y aura de la demande, il y aura de l'offre.

La demande et l'offre doivent être attaquées de front.

Si on ne s'en prend qu'à l'offre, elle se reconstituera tant qu'il y aura de la demande. Ce qui se passe dans ces affaires, c’est que nous mettons des gens en prison, mais il y a d'autres personnes derrière qui prennent la relève, il y a beaucoup d'argent à gagner dans ces trafics.

Il faut qu'on s'en prenne à la demande. On fait de la répression avec ce qu'on appelle les amendes forfaitaires délictuelles, et il suffit d'avoir un gramme sur soi ou un joint et on peut prendre une amende de 200 euros, qui est infligée immédiatement par le policier ou le gendarme.

C'est la même sanction pour un gramme de dou et un gramme de cannabis ?

Oui.

On a doublé le nombre des amendes infligées en 2025 par rapport à 2024.  Et c'est encore un outil qui est très utilisé, dans le cadre de la loi portée par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, qui est présentée devant le Parlement, il est prévu de porter cette amende de 200 à 500 euros. Ça, c'est la répression du consommateur.

Mais ça ne suffit pas, parce qu'il y a aussi des consommateurs qui sont malades. 

Une maman a supplié des médecins en disant : "soit vous hospitalisez mon fils de force, soit je lui tire une balle à la tête"qu'en pensez-vous ?

Ils sont désespérés. Ils se font agresser aussi par leurs enfants. Ils se font voler par leurs enfants. Enfin, pas tous, heureusement.

Des bénévoles ont organisé un ron kozé dans le sud, à Saint-Pierre, des familles et des personnes qui consomment de la drogue sont venues parler. Sur le terrain on nous explique que c'est une porte d'entrée vers le soin

Généraliser ce genre de pratiques, c'est exactement ce que je voudrais faire. Ça m'intéresse de travailler avec eux et de voir comment on pourrait multiplier ce genre d'initiatives. Il y a des gens qui agissent, mais ce n'est pas assez massif.  

Les bénévoles nous parlent aussi d'un phénomène d'enfants retrouvés dénutris à la maison car les parents sont sous l'emprise du dou ...

On est dans les compétences du conseil départemental : la protection de l'enfance. C'est pour ça aussi qu'on a besoin que les collectivités travaillent avec nous, parce qu'elles se retrouvent aussi confrontées à ces problématiques.

Quelles sont les autres conséquences de l'usage de stupéfiants à La Réunion ?

Il y a aussi les accidents de la route, les automobilistes qui conduisent sous l'effet de l'alcool ou des stupéfiants, c'est un enjeu public. Parfois, ils se tuent tout seuls, mais parfois, ils vont tuer quelqu'un en face.  

Il y a aussi le travail, le fait qu'on n'aille plus travailler parce qu'on n'a pas envie,  parce qu'on n'a pas envie de se lever, parce qu'on a pris une dose la veille. C'est aussi quelque chose qui déstructure une société réunionnaise qui fonctionne bien.

A propos des addictions, l'addictologue Daniel Singaïnyparle d'une "aliénation libératoire". Il constate que des alcooliques ou des femmes victimes de violences conjugales se mettent à consommer du dou. Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas un spécialiste de l'addictologie. J'entends ce qu'il dit, il y a des personnes qui ont des fractures internes importantes qui basculent, mais ces fractures, tous les consommateurs de drogue, je pense, ne sont pas des gens qui ont des traumatismes.

Il y a aussi la drogue festive, la drogue quand on va en discothèque ...

Qui sont les consommateurs de drogue aujourd'hui à La Réunion ?

Je ne sais pas, je n'ai pas le détail. Je ne suis pas entré dans ces détails. C'est ce qu'on va essayer d'approfondir à travers le temps. Mais si personne ne dit que ce n'est pas bien, même ces personnes qui ont de graves difficultés personnelles ou médicales, peut-être qu'on peut leur expliquer qu'il ne faut pas rentrer là-dedans, que ça ne va pas régler leurs problèmes.

C'est ce que je voudrais faire.

Nous parlions des violences familiales, on sait aussi qu'elles sont systématiquement faites sur fond de consommation d'alcool. C'est l'alcool, et peut-être des stupéfiants qui sont une des causes des violences familiales.

Avec l'augmentation du trafic de stupéfiants à La Réunion, sommes-nous face à une crise sanitaire et sociale sans précédent? 

Je ne peux pas faire de comparaison par rapport à ce que c'était il y a 5 ans, 10 ans, 20 ans. Mais je pressens que nous ne sommes pas face à une crise sanitaire ou sociale. Mais je le redis, on est en train d'emprunter la voie que beaucoup de pays ont empruntée. Or ici, à La Réunion, c'est peut-être moins difficile de s'en occuper, parce qu'on est sur une île, parce qu'il y a encore des valeurs, parce qu'on est en retard.

Et ce que je propose, c'est qu'on essaye de s'en occuper maintenant.

Vous êtes le premier préfet de La Réunion à décider de faire de la prévention et de la lutte contre les toxicomanies, une grande cause régionale. Pourquoi ce choix ?

C'est une cause où vraiment, j'ai envie de m'investir.

Je veux préciser que je ne le décide pas, je propose à tous ceux qui ont une part de responsabilité dans la société réunionnaise, et en fait, tout le monde en a une, de travailler avec l'État. L'État, c'est aussi le directeur général de l'ARS, le recteur d'académie qui vont être à mes côtés, qui sont partants.

Ce que je voudrais proposer, c'est à chaque Réunionnais, de travailler sur ce qui n'est pas de la répression, c'est-à-dire l'éducation, la pédagogie, la communication. Ce sont des choses qu'on ne fait pas au quotidien.  Il y a des acteurs qui s'occupent de ça, il y a des associations, il y a des addictologues qui font un très bon travail,  mais j'ai le sentiment qu'ils sont un peu seuls dans leur sphère.

Et il n'y a pas suffisamment de moyens qui sont mis en place pour expliquer aux Réunionnais, et notamment aux jeunes réunionnais, qu'il ne faut pas commencer avec ça. 

Pour expliquer que commencer par un joint un samedi soir entre copains à 14 ans, ça peut se transformer, et souvent ça se transforme par une catastrophe humaine 10 ans, 20 ans plus tard.

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Pourquoi tout cela n'a pas été fait plus tôt, il y a quelques années, dès que la présence de dou a été identifiée sur le territoire ?

Pour ça, je n'en sais rien.

Quels moyens vont être mis en place cette année ? 

Je voudrais que des personnes qui sont entrées dans cette spirale de la drogue puissent témoigner de la déchéance qui a été la leur.  

Nous avons ce témoignage d’un ancien consommateur de drogue qui disait qu’il allait en soirée, qu’il buvait beaucoup, et le lendemain il ne pouvait pas aller au travail. Un ami lui a  proposé de prendre un rail de coke. Il explique que petit à petit, il lui fallait deux rails, puis trois rails, puis il en consommait tous les jours, que tout son argent est passé là-dedans, qu'il n'avait plus envie d'aller travailler, qu'il a perdu son travail, que son conjoint l'a abandonné, qu'il a perdu son logement, et qu'il était en train de partir dans la délinquance.

C'est ça que je voudrais expliquer.

Ces campagnes de prévention vont s'adresser à qui ? 

L’idée c'est de renforcer l'information et la prévention auprès des élèves. Dès l'école primaire, et au collège, avant qu'ils ne passent à l'acte, de leur expliquer les conséquences néfastes de la drogue sur leur cerveau, sur leur comportement, sur leur famille, c'est de la pédagogie.

Avec les compétences de l'ARS, nous allons voir avec le directeur général afin de mettre plus de moyens au profit des associations qui œuvrent dans le domaine de la pédagogie et qui vont dans les différentes strates de la société réunionnaise.

Quels partenariats seront mis en place ?

On a mobilisé des syndicats patronaux, qui souhaitent s'engager pour leurs salariés, parce qu'évidemment un salarié qui tombe dans la drogue c'est quelqu'un qui va tomber malade plus souvent, qui ne va pas arriver à l'heure le matin, et puis qui finalement un jour ne pourra plus travailler peut-être.

Nous avons également une agence de communication qui accepte, gratuitement, de développer des opérations de communication pour cette grande oeuvre.

Il y aura des vidéos, des interviews, des publicités payées, et il y aura les réseaux sociaux, nous allons travailler avec des influenceurs. Il y aura aussi des campagnes d’affichage sur des 4x3.

On ne part pas sur une action qui va durer un mois, on part sur un an à deux ans de communication intensive, le plus intensive possible sur ce sujet. 

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Les collectivités vont-elles être impliquées ?

Pour l'instant c'est le point faible. J'ai essayé de les mobiliser, j'ai tenu une réunion en avril. Ils étaient une cinquantaine, il y avait des représentants de la région, du département, l'association des maires n'a pas pu envoyer un représentant, j'en ai parlé à tous les maires lors de la rencontre. J'espère que les collectivités vont adhérer massivement.

Pour l'instant il y a un intérêt poli (ndlr : C’est lors de cette même réunion que les maires ont appris que les quotas de contrats PEC n’étaient pas renouvelés. Ils avaient alors quitté la réunion, puis se sont mobilisés devant les grilles de la préfecture le 20 mai dernier) 

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Est-ce un problème de budget ? Qu'est-ce que les maires vous répondent ?

Ils ne disent rien. Je ne sais pas s'ils vont s'engager, je le souhaite évidemment, on a besoin des moyens de communication, de moyens financiers, de l'engagement du département de la région et on a besoin des maires, qui sont d'ailleurs en première ligne face à ces problèmes.

Certaines personnes dans vos services parlent de Tsunami Blanc, est-ce que nous y sommes ?

Je n'en sais rien. Est-ce qu'il y a plus de propositions et d'offres qu'en métropole, je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que c'est plus cher, qu'en métropole, c'est nettement plus cher. Ce qui est la preuve aussi que c'est plus compliqué de faire rentrer de la drogue sur le territoire, c'est la preuve aussi qu'être sur une île est une forme de protection.

Mais ça ne suffit pas, évidemment. Le tsunami blanc c'est une image qui a été employée par certains, moi, je ne l'emploie pas. 

Tsunami, ce n'est pas le bon terme de toute façon, parce qu'un tsunami, c'est quelque chose qui arrive et qui va tout recouvrir. Je pense qu'on n'est pas encore à ce stade, sinon, ce n'est plus la peine de se battre.

Quand le tsunami vous déferle dessus, c'est fini. Moi je pense qu'on peut encore essayer d'agir.

Mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a une augmentation très nette des saisies, et donc de la proposition de l'offre. 

Savez-vous dans quelles régions de La Réunion la drogue circule le plus et est le plus consommée ?

Je n'ai pas ça en tête, mais il n'y a plus un espace sur le territoire français qui échappe à la drogue.

Certains demandent la présence de militaires sur le terrain pour juguler le phénomène sur l'île, est-ce une option ? 

Non, ce n'est pas le rôle de l'armée de lutter contre la drogue, leur rôle, c'est de protéger la nation.

Les militaires peuvent s'engager aussi dans la prévention, en disant "nous, on va faire de la pédagogie dans nos rangs, on va faire diffuser des outils, on va diffuser des outils de communication, des kits de communication qu'on va proposer à tout le monde". 

De même qu'une entreprise, ce n'est pas son rôle de lutter contre la drogue. Mais en le faisant, elle va protéger ses salariés et son efficacité et sa rentabilité.

Monsieur le préfet, on a vu circuler sur internet dernièrement une vidéo, partagée par un agent de la brigade anticrimialité, la Bac, avec quelqu'un qui était arrêté pour une affaire de drogue, le mis en cause était menotté. Que pensez-vous de cette affaire ? 

Ce n'était pas une bonne idée, ça. 

Je ne ferai pas de commentaire, mais ce n'est pas bien. Après, ça se gère en interne. 

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(*) Dans un rapport publié en 2012, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, indique que les itinéraires utilisés par les trafiquants peuvent varier en fonction de nombreux facteurs : le pays de transit, le pays de destination, le niveau de sécurité, l'efficacité du système de contrôle des stupéfiants, ainsi que le temps, la distance et le coût du transport.

Les cargaisons de drogue quittent le littoral du Baloutchistan, se dirigent généralement vers les pays du Golfe avant d'être réacheminées vers l'Afrique de l'Est, où elles sont dissimulées dans des cargaisons légales.

 

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